Fertibio

Le biochar BORDET pour fertiliser sans polluer

FertiBio, en partenariat avec l'INRAE, a été soutenu par l'État dans le cadre du programme France Relance, opéré par l'ANR.

Une alternative aux engrais de synthèse qui épuisent les sols

L'agriculture conventionnelle dépend largement d'engrais de synthèse dont l'usage massif appauvrit les sols, dégrade la biodiversité microbienne et génère d'importantes émissions de protoxyde d'azote (N₂O), un gaz à effet de serre au pouvoir réchauffant 100 à 310 fois supérieur à celui du CO₂. Les engrais organiques importés constituent une alternative partielle, mais leur effet est de courte durée et leur empreinte logistique reste élevée.

Le biochar, charbon végétal issu de la pyrolyse de biomasse, offre une troisième voie. Alternative aux engrais de synthèse, il n'est ni polluant ni persistant, et réduit les besoins en eau d'arrosage. Stable dans le sol pendant plusieurs décennies, il améliore la rétention d'eau, favorise la vie microbienne, séquestre durablement le carbone et réduit jusqu'à 50 % les émissions de N₂O des sols agricoles. Reconnu par le GIEC comme une solution de stockage du carbone, il manquait jusqu'ici un référentiel scientifique reliant ses propriétés physico-chimiques à ses effets agronomiques réels.

Le projet FertiBio, porté par BORDET, a permis de combler ce manque pour les biochars issus de bois feuillus français, et de qualifier un produit prêt à la commercialisation. 

Dont l'efficacité sur les sols est mesurée en conditions réelles

Du laboratoire à la parcelle : l'optimum agronomique signé FertiBio

FertiBio s'appuie sur le procédé de pyrolyse lente et continue de BORDET, alimenté par des connexes de scieries issus de chêne et de hêtre, sourcés à moins de 100 km du site de production. Trois biochars distincts ont été produits à différentes températures, permettant de balayer une large gamme de propriétés physico-chimiques.

Chaque biochar a été caractérisé selon un protocole rigoureux. En parallèle, leurs effets sur les communautés microbiennes des sols ont été évalués en microcosmes au laboratoire, puis validés au champ sur des parcelles céréalières en Bourgogne-Franche-Comté.

Les travaux ont permis d'identifier l'optimum agronomique pour obtenir un biochar combinant une surface spécifique élevée, un pH proche de la neutralité et une chimie de surface favorable au développement de la biomasse microbienne.

Des missions au service des objectifs de développement durable

Chronologie du projet

  • 2021

    Lancement et production des biochars de référence : démarrage du projet, production de trois lots de biochars à différentes températures de pyrolyse à l'usine de Leuglay
  • 2022

    Caractérisation et tests en laboratoire : caractérisation physico-chimique complète des biochars, évaluation de leur impact sur les communautés microbiennes en microcosmes, puis tests en conditions réelles
  • 2023

    Publication des résultats : La biomasse microbienne et la diversité des procaryotes du sol dépendent surtout des propriétés du biochar et de son taux d'application. Globalement, le biochar tend à favoriser les communautés microbiennes du sol. Finalisation réussie du projet Fertibio.

Publication scientifique

L'innovation au service de l'agriculture et de l'alimentation durables

Fertibio a bénéficié de la labellisation du pôle de compétitivité Vitagora, et du soutien du Parc national de forêts.